Don Quichotte, d’après Miguel de Cervantes - Philippe Adrien

  THÉÂTRE  
  audrey  le 21 October 2007|

Don Quichotte . DR
Don Quichotte (c) Pascal Sautelet, Brigitte Pons

A l’heure où les Enfants de Don Quichotte redéploient leurs tentes dans les rues de Paris, Philippe Adrien laisse place, en guise d’introduction, à la voix d’Augustin Legrand. Cette voix éclaire le spectacle d’un jour particulier : en effet, Miguel de Cervantes n’a pas donné naissance qu’au seul Don Quichotte de la Manche, accompagné par le fidèle, mais désabusé, Sancho Panza ! Peut-être son oeuvre a-t-elle donné naissance, bien loin de la littérature elle-même, à un sursaut d’humanité : Don Quichotte n’est pas seul ; il a aujourd’hui, tristement, des enfants…

Des enfants qui, sans doute, se seront reconnus dans l’intégrité de son âme, qui le fait agir au mépris du bon sens, au mépris des réalités, au mépris de tout jugement - le seul jugement qui vaille étant celui de l’humanité, de l’ampathie, du secours au plus faible. Don Quichotte secoure les plus faibles sans prendre garde à lui - sa seule faiblesse se nommant Dulcinée…

La pièce est haute en couleurs, en dissonnances - elle reflète les boitillements de la société. Deux Don Quichotte, Stéphane Dausse et Bruno Netter, se partagent un rôle choral et tout à coup, ce n’est pas Don Quichotte qui s’avance mais deux spectres grandioses. Le personnage s’efface et se perd peut-être dnas la dernière partie (ses tribulations l’ayant conduit en Afrique), mais il faut dire que tout se transforme et change dnas cette pièce qui sait donner place à tous les corps, abimés, difformes, étranges. Transport dans un autre temps, dans un autre lieu, indéfinissable et pourtant pas si étranger que cela, sorte de cours des miracles où se débat Don Quichotte qui croît voir ce qui n’existe pas… Mais c’est bien au théâtre de nous persuader que des armées s’avancent férocement alors qu’il n’y a que des moulins qui tournent dans le vent.



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