The mousetrap
Les douze coups de bâton annonçant le début du spectacle résonnent, les derniers chuchotements de personnes anglophones s’estompent dans la salle, la lumière s’éteint et dévoile l’environnement chaleureux d’un salon à l’ancienne. Le froid hivernal évoqué par l’éclairage contraste avec la lueur du feu artificiel de la cheminée. Nous nous trouvons au beau milieu du séjour de la chambre d’hôtes du manoir Monckswel, situé près de Londres. Les propriétaires accueillent au fur et à mesure les différents protagonistes. On apprend qu’un meurtre a eu lieu dans les parages. Scotland Yard serait à la poursuite de l’assassin. A huis-clos à cause de la tempête de neige sévissant dehors, les personnages se retrouvent alors tous suspects lorsque arrive un détective en ski, venu pour mener une enquête de voisinage. Les potentiels coupables sont: un couple bien rangé (les propriétaires des lieux), un architecte complètement fêlé, une vieille grincheuse coincée, une jeune fille sexy, une femme obsédée et farfelue, un homme silencieux. Le jeu des acteurs est sincère et apprécié. De plus, ils arrivent à instaurer une ambiance générale tournée vers le comique malgré le tragique de la pièce (meurtre). Ce décalage est d’autant plus remarquable que la pièce est entièrement jouée en anglais. Ainsi, on plonge dans le « vrai » univers d’Agatha Chrisitie: une intrigue en Angleterre avec des anglais. Après quelques minutes d’adaptation, le spectateur néophyte en la matière de ce genre de spectacle, comprend très vite le sujet. La barrière de la langue est dépassée grâce au jeu des comédiens. Des détails nous échappent dans le flot de paroles. Finalement, la pièce peut être assez éprouvante pour le public: en effet elle nécessite environ deux heures de totale concentration. So british!
Thomas L