Un sapin chez les Ivanov

  FESTIVAL UNIVERSITAIRE, THÉÂTRE  
  valentinvanderhaegen  le 23 April 2009|

On se sent un peu deboussolé lorsque l’on pénètre dans la grande salle du TU et que l’on aperçoit, déjà sur scène, ceux et celles qui vont être l’essence du spectacle pendant 60 minutes. En effet, tous vêtus d’un sac poubelle jaune… Un comédien en caleçon… Tous en train de parler et de rire ensemble comme s’ils ne nous voyaient pas ! Bref, on s’assoit, se demandant vraiment à quoi l’on doit s’attendre. Eh bien mes amis de passage sur le blog, nous ne sommes pas déçus ! Quelle légèreté, quelle ironie, quelle fraîcheur, et que sais-je encore…

Une narratrice pose le décor. Famille nombreuse en préparation de la fête de Noël. Parents absents et enfants livrés à une nounou pas très catholique, et pour le moins impulsive… Un meurtre commis dès les premières dix minutes… Des comédiens qui changent de personnages sans porter préjudice à la clarté de l’intrigue… Un HUMOUR (pas seulement avec un grand H) très travaillé, beaucoup porté sur une mise en abîme et une caricature du théâtre. Les réactions sont imprévues, incongrues, tordantes. L’absence de moyens techniques et décoratifs ne les ont pas découragés ! Au contraire, les onze étudiants comédiens de l’atelier du parcours théâtre ont pallié cette carence par des illusions scénographiques drôles et même parfois réalistes !…

Au final, on admire le travail considérable des performances proposées le long de la représentation. Ça fonce à cent à l’heure, et l’on hésite à rire de peur de rater la boutade suivante ! Un véritable coup de frais !!!!

Valentin



Une réponse à “Un sapin chez les Ivanov”

  1. Nicolas dit :

    Il est des pièces qui tiennent (presque) uniquement à la mise en scène. Non pas que le texte soit inintéressant ou « transparent », mais parce que, et en cela réside sa force, parce qu’il exige un extraordinaire travail interprétatif et créatif de la part et du metteur en scène et des comédiens.
    Telle est le cas du Sapin chez les Ivanov d’Alexandre Vvedenski, et les L3 Lettres modernes ont su, à mon humble avis de spectateur charmé, répondre avec brio à l’exigence du texte. Par une sobre et d’autant plus inventive mise en scène, par un jeu précis et sans excès (avec cependant, et c’est regrettable, quelques manques de ce côté là), ils ont réussi à construire un univers déjanté mais cohérent, railleur et sarcastique, voire caricatural mais sans néanmoins porter préjudice à des réflexions aussi sérieuses que peuvent l’être celles sur la folie/rationalité, sur la lucidité/naïveté/hypocrisie des vieux enfants que nous sommes, ou encore sur l’attrait de la mort, et des morts, et du meurtre. C’est un monde qui ne s’invente pas, haut en couleurs telle une pièce de Ionesco, et pourtant aussi sombre que peuvent l’être celles de Beckett. Impressionnant dans le sens humien du terme : qui laisse une marque. Car ce Sapin prouve, au cas où nous en douterions, que le théâtre ne se lit pas, mais qu’il se joue et qu’il se voit pour mieux toucher et, à terme, pour mieux faire penser.

    Nicolas

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