Drôle et émouvant.
Le suspens de l’investigation nous tient jusqu’au bout. On se demande : « qu’est ce qui arrive à Norvège? Qui est la fille morte avec Murdoch? ».
Trois personnes représentent devant nous leurs propres histoires, deux réelles et une fictive. Et déjà, première confusion entre le réel et la fiction, Murdoch qui est sensé être mort joue son propre rôle ainsi que Norvège, un personnage fictif inventé par Boon adolescent.
C’est Boon qui nous raconte sa dernière enquête. Dans quel but? Il se raconte, il nous raconte plusieurs morts celle de Murdoch, celle de Norvège, celle de Boon. D’une certaine façon il enquête sur sa propre mort et c’est en l’expliquant qu’il revit.
La pièce a un aspect psychologique très prononcé. Comme son titre, Assoiffés, elle s’adresse à l’enfant que nous sommes, nous incite à déterrer nos rêves et cette soif de beauté, à retrouver en nous la croyance que tout est possible. Elle nous encourage à écouter la colère et la révolte de notre adolescence, de ne rien savoir et de tout remettre en cause.
C’est humble. Sans psychologie à 3 sous, sans prétention de nous changer nous ou notre vie.
C’est simple, drôle voire déjanté parfois. Ce n’est que du théâtre, des histoires qui traitent quand même de sujets importants : la vie-la mort, la beauté-la laideur, la colère…
C’est humain. Ça parle des empreintes, de celles que l’on laisse sur les autres parfois sans le savoir. De celles que laissent son frère et Murdoch sur Boon, de celle que laisse le théâtre de Boon sur Murdoch, de celle que la pièce laisse sur chaque spectateur.
Même si du même auteur, j’ai trouvé Forêt plus intéressante, plus aboutie dans sa compréhension de l’humain et dans les sentiments exprimés, plus forte dans sa marque laissée sur moi. J’ai été émue parce qu’Assoiffés m’a parlée, elle a évoqué des sentiments que j’ai pu ressentir ou enfouir en grandissant. Une très belle pièce.
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