Courts sur le web
50 minutes, une dizaine de courts-métrages sélectionnés sur internet, et un concept original : élire le meilleurs d’entre eux. On entre donc dans la salle avec son esprit critique bien réveillé, se sentant plus acteur que d’habitude… Un thème : la vie et la façon que chacun a de la vivre et de considérer le temps qui passe.
« Fœtus et Fœtus », des petits sketchs d’animation, ponctuent le spectacle : deux jumeaux dans le ventre de leur mère, aux personnalités très opposées, s’envoie des vannes parfois un peu limite, mais l’idée est amusante et bien réalisée.
J’ai été particulièrement touché par deux courts métrages. Tout d’abord « Mr Kaminski », qui nous rappelle avec plaisir (ou non) Amélie Poulain, l’histoire d’un jeune adulte seul et enfermé dans une routine maniaque, qui photographie jour après jour à la même heure les détails de la vie, spectateur de ce qui l’entoure jusqu’à s’oublier lui-même. Une réflexion intéressante sur la solitude, la notion de progression et d’initiative, « aller de l’avant ». Il est à noter la relation qu’il entretient avec son oncle, dont il suit les conseils comme des prédictions, symbole d’un schéma intergénérationnel où les jeunes écoutent les anciens. A chacun d’en juger ! « Mr Rouge » est mon grand coup de cœur. Un acteur remarquable, des plans rapides, des couleurs saturés entre rouge et blanc… Mr Rouge aime le rouge et vit le rouge, de ses vêtements à ses convictions politiques, incapable de comprendre qu’on puisse penser différemment. - Chacun mes goûts - dénonciation de l’intolérance et des convictions extrêmes sur fond d’humour cinglant. Excellent.
Le thème des relations intergénérationnelles revient dans « Ta gueule la vieille », film humoristique dans lequel une sexagénaire observe ses jeunes voisins en plein coït. Conflit jeunes-vieux, insultes et violence loufoque, très amusant… « Un ange passe », plus glauque, joue aussi sur ce sujet. On s’y trouve dans la peau d’un adolescent lors d’un repas de famille. Une ambiance oppressante, des gros plans, des couleurs grisâtres, et une famille que l’on subit… Beaucoup de symboles dans ce film, très bien réalisé, où l’on se retrouve…
« Serial Killer » et « A poil » sont plus légers mais tout aussi surprenant, sur fond d’effets spéciaux et de jeux sur l’apparence, très agréable à regarder… Un regret toutefois concernant « J’ai vomi dans mes cornflakes », qui nous raconte le cycle de la vie bien connu, où le jeune révolutionnaire devient vieux beauf aigri. Une impression de déjà vu et revu, un enchainement de généralités bafouillées par une voix off incompréhensible tant la musique est forte et violente. Cela dit, on perçoit bien la violence, c’est certain.
Un spectacle enrichissant et agréable à découvrir, une sélection et un speaker de qualité, des sujets qui donnent envie de prendre partie … en conclusion : un excellent moment de cinéma !
Pierre