Extra Systole

  FESTIVAL UNIVERSITAIRE, MUSIQUE  
  de pierrelependu le 27 April , 2009

En ce vendredi midi ensoleillé, la petite salle du T.U accueille le projet Extra Systole pour une heure de chanson française. Ils sont trois, une contrebasse, un pianiste-guitariste et un chanteur qui alterne entre guitare et accordéon.

Musicalement, on plonge tout de suite dans l’ambiance du groupe, intime, dénudée, et néanmoins assez technique. Au niveau de la structure des morceaux d’abord, à chaque chanson ses breaks surprenants : changements d’ambiance pour un refrain ou un pont, changements de rythme, parfois peut être un peu tirés par les cheveux, mais au moins on ne s’ennuie pas, et on sent l’envie de créer, d’innover. Au niveau performance, on admire surtout le pianiste-guitariste (synthé-mélodica-etc), qui passe d’un instrument à l’autre tout en harmonie, teste des sons inconnus en taquinant sa guitare de drôles de façons, et surtout multiplie les pistes grâce à sa pédale d’effets jusqu’à jouer une symphonie à lui tout seul. Planant. La contrebassiste et lui sont d’ailleurs souriants et agréables, ça sent un peu le stress mais surtout la modestie, chose que je juge appréciable, voire indispensable chez l’artiste. Ce qui m’amène à parler du chanteur.

Lui aussi est sympathique et modeste lorsqu’il s’adresse au public, mais quand la chanson commence, il se transforme. Il joue un rôle, se trémousse, s’enflamme, et nous laisse tous seuls dans le noir. Ces chansons qui paraissent intimes deviennent impersonnelles. Intimes musicalement en tout cas, parce qu’au niveau des paroles, c’est très compliqué. Au risque de paraître ignare et insensible, franchement, j’ai rien compris. En tant que grand passionné de chanson française, j’aime les textes bien écrits, et j’aime croire que bien écrire c’est aussi savoir se faire comprendre. Ici, c’est plus un cliché de poésie de comptoir où l’on enchaîne les images insensées et les mots qu’on trouve jolis, pour donner au final quelque chose d’incohérent et de ridicule. D’autant plus quand c’est chorégraphié et sur joué. Peut être que lui-même se comprend très bien, mais alors pourquoi le partager ? Situation désagréable que d’aller voir un concert de chanson française et de ne pas comprendre une phrase en une heure. D’autant plus déçu que certains thèmes abordés paraissent intéressants, du moins dans l’intro. Mais non, impossible, même étant très concentré. Toutefois, cette néo-poésie a l’air en vogue en ce moment, alors ces propos n’engage que moi, je dois avoir un problème avec les « respirations du ciel dérobé» quand « le monde ne reste monde que pour pouvoir l’oublier, viens » en « kitesurf sur la ville ».

Un bon esprit dans l’ensemble, une voix conventionnellement agréable sur un trio d’instruments efficace, des chansons aux ambiances multiples et envoûtantes, mais un manque de modestie de la part du chanteur qui prend malheureusement beaucoup de place, et surtout l’absence de paroles. Comme tous les petits compositeurs se sont un jour dit : « en anglais, ça passe »

Pierre

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