Le Color Full Joy circus rencontre Raymon Lazer
Le titre est un peu obscur. La description du spectacle ne l’est pas moins : “concert vidéo mix”. La seule chose sûre, c’est que l’on risque d’être surpris… mais pas déçu !
Raymon Lazer nous explique donc le principe de cette soirée. Il s’agit d’une double improvisation : vidéo à partir de films des années 40 à 60, et musicale par le Color Full Joy circus.
Cela commence par des images hypnotiques, en partie filmées, en partie peintes sur la pellicule : des gouttes d’eau ? Peu importe. Ce qui compte, c’est que la crainte d’être perdu fait rapidement place à l’émerveillement, au rêve. On se dit que si les fond d’écrans « windows » étaient aussi sublimes, on aurait tous arrêté de travailler depuis longtemps.
Et d’un seul coup, ces images abstraites laissent place à des dessins qui s’animent brusquement : des poules qui mangent des notes, des animaux bizarres, des êtres humains qui apparaissent et aussitôt disparaissent… Le Color Full Joy circus se transforme lui aussi pour laisser place à des bruitages comiques. Comme un vieux « Linéa » sous acide.
Et à peine a-t-on repris son souffle que l’on se retrouve dans un laboratoire d’un savant fou qui cherche à créer son Frankestein. On croit avoir vu ces images 500 fois mais elles s’animent différemment : le savant s’arrête, repart, semble se mettre à mixer, et alors on ne voit plus ces images que l’on connait par cœur de la même manière. La musique s’accélère, devient angoissante, va-t-il enfin réussir ? Alors le corps sans vie devient animé et se transforme en jeune femme puis en une multitude de jeunes femmes qui se mettent à danser. L’ambiance glauque fait place à une ambiance de music-hall, sorte de comédie musicale américaine où tout le monde danse, où la fessé d’une jeune mère sur son enfant se transforme en battement de rythmes joyeux, où les corps tournent jusqu’à devenir abstrait : et s’il s’agissait en fait d’un cours de biologie, d’une vidéo de divisions cellulaires ? Et finalement non, il s’agissait bien d’une danse qui semble ne plus en finir… et qui s’arrête.
Et tout cela continue : une virée dans les rues parisiennes qui au fur et à mesure de l’augmentation de la vitesse de la voiture (mais peut-être n’est-ce que la musique qui s’accélère ?) devient angoissante, la majesté d’un champignon atomique qui se fond dans l’immensité des galaxies, les danses chaloupées de jeunes femmes seins nus sur la plage… Alors apparaît une autre angoisse : comment décrire tout cela ? Comment faire comprendre cette heure où tout n’était qu’illusion ?
Mathias
