Savoirs et non savoirs des publics de l'art
Bernard Stiegler
Que doit savoir et ne pas savoir un public ? Est-il possible de répondre à une telle question ?
Stendhal évoque dans Racine et Shakespeare l’histoire du soldat de Baltimore que rapporte ainsi Antoine Compagnon : “Ce soldat fut préposé à la surveillance du théâtre, où par malheur il n’était jamais entré avant d’y être posté. Au moment où Desdémone fut menacée par Othello au cinquième acte de la tragédie, il coucha celui-ci en joue, appuya sur la gâchette et abattit l’acteur, sur quoi la représentation dut cesser. L’acteur en fut quitte pour un bras cassé. Stendhal parlait d’illusion parfaite et jugeait qu’elle était rare et surtout très éphémère, ne durant pas plus d’une demi-seconde ou d’un quart de seconde.”
Or, cette histoire renvoie à l’expérience, rapportée par André Ombredane, que font des Africains “qui voient pour la première fois de leur vie un petit film censé leur instruire l’hygiène quotidienne, sur un écran dressé quelque part dans la brousse, [et qui] sont fascinés par un détail insignifiant, la poule minuscule qui traverse dans un coin la place du village”.
On pense immédiatement à la première projection publique de cinéma, L’entrée en gare de la Ciotat, qui aurait déclenché selon la légende une panique dans le public lorsqu’il vit sur l’écran une locomotive à vapeur qui lui fonçait dessus.
Que doit savoir et ne pas savoir un public ? Est-il possible de répondre à une telle question ?
Bernard Stiegler.
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Bernard Stiegler est Philosophe, docteur de l’École des Hautes Études en Sciences sociales et directeur du Département du développement culturel du centre Georges Pompidou.
Entrée libre et gratuite.
Réservation conseillée au 02 40 14 55 14 ou par mail à contact@tunantes.fr
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Coréalisation TU / Le Grand T
Conférence inaugurale au cycle "Le Théâtre des humanités"





